DEUX ÉTATS AFFECTIFS: LE DÉCOURAGEMENT ET L’INQUIÉTUDE

By October 6, 2016 Uncategorized No Comments
“Comme une météo psychique, nos états d’âme sont un climat mental”,
Christophe André.
Il est intéressant de détecter quelle est l’émotion sous-jacente de chaque état affectif: cela nous aide à mieux comprendre ce qui fait que nous nous trouvons dans cet état, d’identifier nos besoins et ainsi, de trouver la porte de sortie. On parle de bonne humeur, de sérénité, de confiance, pour les états les plus positifs. Ou bien de découragement, d’inquiétude, desquels il est parfois compliqué de se défaire.
.
Le découragement
.
L’émotion sous-jacente du découragement est la tristesse. Le découragement induit la diminution de l’énergie en général, physiquement nous nous sentons avec moins de force que la normale.
Les pensées négatives et pessimistes s’enchaînent en boucle, ce qui difficulte la possibilité de sortir de cet état, car il se rétro-alimente. Notre motivation diminue, et nos pensées ont tendance à être extrémistes (blanc ou noir/ tout ou rien…). Souvent accompagné par un sentiment de culpabilité, conscient ou inconscient, il nous est difficile de prendre une décision, et nous restons embourbés dans un pessimisme général.
.

L’inquiétude

L’émotion sous-jacente de l’inquiétude est la peur. Notre organisme se prépare à affronter une situation perçue comme un danger: pour cela, il s’active et reste en position d’alerte. Dans cet état, nous sommes très énergiques, mais, si celui-ci dure longtemps, nous épuisons nos réserves. C’est la fameuse sensation d’“être sur les nerfs”, de laquelle on peut ressortir épuisés, et qui peut nous conduire jusqu’au “Burn out”. Cet épuisement est mental (pensées incessantes et répétitives) et physique: tension musculaire et émotionnelle, agitation constante, difficulté pour respirer, pour dormir, manque de concentration, insomnie, palpitations…

L’inquiétude est alimentée par le mécanisme cognitif de la préoccupation: “s’occuper-avant“, c’est à dire chercher à élaborer des solutions à un problème. La préoccupation n’est pas mauvaise en soit, mais elle peut le devenir si l’on ne passe pas à l’action, c’est-à-dire si l’on reste dans la recherche en boucle de solution sans concrétiser. D’autre part, il faut savoir sélectionner ce pour quoi nous nous préoccupons, surtout si c’est pour des faits qui ont une faible probabilité de se réaliser.

.

Comment en sortir?
Revenir à nous.
.
Prendre conscience de notre dialoge interne et le remettre en question depuis un point de vue réaliste est une première piste: l’état affectif dans lequel nous nous trouvons influe sur notre perception de la réalité, qui a son tour va influencer nos émotions. Si nous pensons mieux, nous sentirons mieux. Interpréter la réalité de manière négative, au contraire, alimente en nous l’intensité de l’émotion et du ressentit négatif. Dialogue interne, état affectif et émotions se rétro-alimentent, et ça peut durer longtemps. On exagère, on distortionne, on extrémise, on juge, on culpabilise, on minimise nos propres capacités et valeur…
.
Ces pensées s’ajustent-elles vraiment à la réalité?
Est-ce vraiment utile pour moi de penser de cette façon?
.
Sur le moment – et je pense que beaucoup d’entre nous l’avons un jour expérimenté – il est très difficile de relativiser: l’émotion intense, ou l’état affectif sous-jacent, nous possède et teinte notre vision. Tous les raisonnements que nous faisons ne font que confirmer nos sensations, et la boucle est bouclée. Pouvoir réevaluer la véracité de notre dialogue intérieur ne sera donc possible que lorsque nous aurons baissé l’intensité de l’émotion en nous, et retrouvé un peu de calme intérieur. Parfois, même retrouver le calme ne suffit pas, et il nous faudra faire un travail un peu plus en profondeur en révisant nos croyances, valeurs et paradigmes: dans ces cas là, il est important d’être accompagné par un proche, ou bien un professionnel qui saura nous guider.
.
Mais nous avons également une autre porte d’entrée à notre disposition pour travailler notre état affectif, et c’est le corps: tête, coeur et corps s’influencent mutuellement. Nous sommes un système. Nos émotions influencent nos pensées et notre physiologie; nos pensées influencent nos émotions et notre corps; notre corps aussi influence nos pensées et nos émotions. Une bonne marche, courir, danser, des étirements, corriger sa position, respirer lentement et profondément…sont autant de possibilités de modifier notre état émotionnel. Il est vrai, et encore une fois je pense que beaucoup d’entre nous l’aurons expérimenté, que dans ces moments là l’idée de faire l’effort d’un mouvement corporel non seulement n’est pas la première chose qui nous vient à l’esprit, et ce n’est pas non plus ce que nous aurions le plus envie de faire. Que nous le fassions ou pas, notre état émotionnel sera, de toute façon, notre responsabilité.
.
 Corriger sa position corporelle:
faîte l’essai pour vous rendre compte
assayez vous par terre, recroquevillez vous sur vous même, baissez la tête bien profond entre vos genoux. Tout en maintenant la position, je vous invite à essayer de ressentir de la joie.
Y arrivez vous?
.
Maintenant levez vous, faîtes un petit tour dans la salle où vous êtes, secouez vous…puis, debout, levez la tête bien haut, ouvrez vos bras le plus possible, votre torse, souriez. Maintenez la position et essayez de ressentir de la tristesse.
Y arrivez vous?
.
Le seul fait de corriger notre position corporelle influe sur notre humeur: se redresser, relever la tête, ouvrir nos bras, torax et plexus solaire, respirer profondément, prendre le temps de le faire…peut changer radicalement la couleur de notre journée.
.